Peut-on écrire une Histoire qui soit fidèle à l’identité de chaque pays, tout en étant débarrassée des préjugés nationaux ? Tel est l’enjeu majeur de l’histoire mondiale, dont deux grands spécialistes viennent débattre à l’Institut Français.

Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, a dirigé l’ouvrage collectif Histoire mondiale de la France. Lors de sa publication en 2017 en France (aux éditions du Seuil), ce livre a rencontré un très grand succès et suscité de vifs débats. Il présente l’Histoire de France comme marquée par la mondialisation,  et met en avant les dimensions européennes et internationales présentes dans des phénomènes historiques souvent considérés jusque-là comme intrinsèquement français. Cet ouvrage vient d’être traduit et publié par l’éditeur chinois Wipub.

Qian Chengdan, doyen de l’Institut d’histoire mondiale à l’Université de Pékin, a étudié et comparé de manière critique les méthodes de nombreux historiens. Dans son article « Qu’est-ce que l’histoire globale » il pointe à la fois les avantages et les difficultés méthodologique de l’histoire mondiale. D’un côté, elle permet de surmonter les limites de histoire purement verticale et centraliste des Etats-nations, et de décrire plus clairement les phénomènes transnationaux. D’un autre côté, elle doit analyser et hiérarchiser un nombre très important de données, au point que chaque historien pourrait présenter une histoire mondiale différente. 

Comment alors utiliser cette approche, pour enrichir progressivement et objectivement notre vision de l’histoire ?

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